Par Millie Brecheisen, physiothérapeute du sport à Bâle.
Les douleurs lombaires sont fréquentes chez les cyclistes.
Et lorsque le dos commence à faire mal sur le vélo, la première réaction est souvent de déplacer la selle, relever le cintre ou changer la potence.
Parfois c’est pertinent.
Parfois le vélo n’est qu’une partie du problème.
La position modifie réellement la colonne
Une revue systématique sur la posture des cyclistes montre que des positions de cintre plus basses et éloignées sont associées à davantage de bascule du bassin et de flexion lombaire.
Mais cela ne signifie pas que toute flexion lombaire est dangereuse.
Une position plus aérodynamique impose simplement une contrainte différente et doit être tolérée par le cycliste.
Existe-t-il une position « parfaite » ?
La recherche actuelle ne permet pas de définir une géométrie unique qui conviendrait à tout le monde.
Une revue systématique de 2024 sur l’optimisation de la position retrouvait des effets de la hauteur de selle, du recul et de l’angle du tronc sur plusieurs paramètres biomécaniques, mais la qualité globale des études était limitée et aucune recommandation simple n’était possible pour de nombreux réglages.
Le bike fitting peut-il diminuer les douleurs ?
Une revue systématique publiée en 2026 a retrouvé une diminution des lombalgies ou de l’inconfort après des interventions individualisées de bike fitting.
Mais seulement trois études répondaient aux critères de la revue. La conclusion est donc encourageante, mais le niveau de preuve reste limité.
Le cycliste compte autant que le vélo
Une position tolérée pendant une heure peut devenir problématique après quatre heures.
Il faut donc également regarder :
- augmentation récente du volume ;
- durée des sorties ;
- fatigue ;
- mobilité de hanche ;
- endurance du tronc ;
- capacité à changer de position ;
- force générale.
Chez les personnes présentant des lombalgies non spécifiques, les programmes d’exercice ciblant le tronc peuvent améliorer la douleur et la fonction, même si aucun type d’exercice ne doit être présenté comme universellement supérieur.
Mon approche
Je sépare généralement trois questions :
1. Existe-t-il un problème médical nécessitant une investigation ?
Irradiation neurologique importante, déficit de force progressif ou autres signes d’alerte changent évidemment la prise en charge.
2. Le vélo crée-t-il une contrainte modifiable ?
Position trop extrême pour les capacités actuelles, réglage mal toléré, absence de possibilités de changement de position.
3. Le corps possède-t-il la capacité nécessaire ?
Endurance, mobilité et force suffisantes pour maintenir la position pendant la durée réelle des sorties.
Un bon traitement ne consiste donc pas automatiquement à redresser le cycliste.
Il cherche une position compatible à la fois avec la performance recherchée et les capacités physiques de la personne.
Vous avez mal au dos pendant vos sorties ? Je peux examiner ensemble vos capacités physiques, votre entraînement et votre position à vélo dans le cadre de la physiothérapie des sports d’endurance à Bâle. Prendre rendez-vous.
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement relever le guidon lorsque le dos fait mal à vélo ?
Non. Cela peut aider certains cyclistes, mais il n’existe pas de réglage universel. La position doit être évaluée avec la durée des sorties, les objectifs de performance et les capacités physiques du cycliste.
Une position aérodynamique est-elle mauvaise pour le dos ?
Pas nécessairement. Elle augmente certaines contraintes et doit être tolérée par le cycliste. Une position agressive peut être parfaitement adaptée à certains athlètes et mal tolérée par d’autres.
Le renforcement du tronc suffit-il pour supprimer les douleurs ?
Non. Il peut faire partie du traitement, mais la charge d’entraînement, la position sur le vélo, la tolérance à la flexion et d’autres facteurs doivent également être pris en compte.


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