Par Millie Brecheisen, physiothérapeute à Bâle. Mise à jour : 1er octobre 2026.
Après un coup du lapin, la nuque fait mal. Les vertiges attirent donc naturellement l’attention sur les cervicales. Cela peut être pertinent, mais le traumatisme peut aussi s’accompagner de troubles vestibulaires, visuels ou d’une commotion. L’examen doit garder cette vue d’ensemble.
Après un traumatisme cervical, plusieurs systèmes peuvent être perturbés
Le whiplash, ou coup du lapin, peut entraîner cervicalgies, céphalées, instabilité, troubles visuels et vertiges. Une revue de 2023 souligne que les systèmes cervical proprioceptif, vestibulaire et oculomoteur participent tous au contrôle postural et peuvent être impliqués après un traumatisme cranio cervical [1].
Cela explique pourquoi une simple radiographie normale ne répond pas toujours à la question fonctionnelle du patient, mais aussi pourquoi il serait trop simpliste de conclure « c’est la nuque » sans bilan.
Le problème cervical est parfois une partie du tableau
Une modification de la proprioception cervicale peut perturber la représentation de la position de la tête. Les études récentes décrivent plusieurs sous groupes de vertiges cervicogéniques et rappellent la nécessité du diagnostic différentiel [2]. En parallèle, un traumatisme peut déclencher un VPPB, révéler une migraine vestibulaire ou s’accompagner d’une commotion.
Ce qu’il est utile d’évaluer
La mobilité et la douleur cervicales ne suffisent pas. Le bilan peut intégrer le contrôle de position de la tête, les mouvements oculaires, l’équilibre, la marche, les tests vestibulaires et la réponse aux mouvements combinés tête yeux tronc. Si un mécanisme de concussion est possible, la tolérance à l’effort et les symptômes cognitifs doivent aussi être considérés.
Une rééducation souvent multimodale
Lorsque le cou contribue aux symptômes, le traitement peut associer mobilité, contrôle moteur, proprioception et renforcement. Si le système vestibulaire ou visuel est également déficitaire, on ajoute une rééducation spécifique. Les travaux récents sur le vertige cervicogénique défendent une approche intégrée plutôt qu’une opposition stricte entre cervical et vestibulaire [3].
La progression doit se traduire par des activités concrètes : conduire, regarder autour de soi, travailler sur écran, marcher dans une foule ou reprendre le sport.
Ne pas banaliser les drapeaux rouges
Après traumatisme, des signes neurologiques, une céphalée inhabituelle, une faiblesse, une perte de sensibilité marquée, une diplopie ou une aggravation brutale doivent être évalués médicalement. Une dissection artérielle ou une lésion neurologique est rare, mais ne doit pas être manquée.
Repères cliniques pour comprendre le bilan
Repères utiles : examiner mobilité cervicale, contrôle sensorimoteur, joint position error, équilibre et oculomotricité, tout en recherchant VPPB et signes de commotion. Le mécanisme est souvent mixte. Si le traumatisme a été important, ne pas utiliser l’étiquette « cervical » pour éviter une évaluation neurologique nécessaire.
Le bilan peut se répartir sur plusieurs rendez-vous
Après un traumatisme, une batterie complète réalisée d’un seul coup peut provoquer une surcharge inutile chez une personne très symptomatique. On peut hiérarchiser les questions cliniques.
- Vérifier d’abord que le contexte permet un examen et des mouvements cervicaux en sécurité.
- Explorer les positions qui déclenchent une rotation brève, puis le regard, la marche et le contrôle cervical selon la tolérance.
- Documenter la réponse à chaque groupe de tests et compléter les domaines restants lors du suivi.
Une partie du bilan reportée n’est pas une partie considérée comme normale. Elle reste à évaluer, ou à adresser à l’ORL ou à la neurologie lorsque les symptômes le justifient.
Un bilan de physiothérapie à Bâle
À Bâle, le bilan après coup du lapin peut croiser examen cervical, vestibulaire et visuel. Il est adapté à la tolérance et aux informations médicales disponibles. Les symptômes après l’accident, les traitements déjà essayés et les activités encore limitées permettent de hiérarchiser les prochaines étapes.
Questions fréquentes
Pourquoi ai-je des vertiges alors que mon IRM cervicale est normale ?
Les symptômes peuvent être fonctionnels et sensorimoteurs sans lésion structurelle visible, mais d’autres causes doivent être exclues.
Massage du cou ou exercices vestibulaires ?
Cela dépend du bilan. Les deux peuvent être utiles si les deux systèmes contribuent.
Un whiplash peut-il provoquer un VPPB ?
Un traumatisme peut être associé à un VPPB. Des tests positionnels sont indiqués si les symptômes sont brefs et déclenchés par les changements de position.
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- Vertiges et nuque tendue : quelle place pour les cervicales ?
- Vertiges après une commotion : vestibulaire, visuel, cervical ou lié à l’effort ?
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Sources scientifiques
[1] Post-Traumatic Craniocervical Disorders From a Postural Control Perspective: Narrative Review. 2023. Lire la référence sur PubMed.
[2] Gill-Lussier J et al. Proprioceptive Cervicogenic Dizziness Care Trajectories: Scoping Review. 2023. Lire la référence sur PubMed.
[3] De Hertogh W et al. Dizziness and neck pain: cervicogenic dizziness perspective. 2025. Lire la référence sur PubMed.
Ces informations expliquent les mécanismes possibles et les options de rééducation. Le diagnostic et le programme de soins dépendent du bilan individuel.


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