Par Millie Brecheisen, physiothérapeute à Bâle. Mise à jour : 1er octobre 2026.
Voir noir en se levant n’est pas la même chose que sentir la chambre tourner en se couchant. Pourtant, on utilise souvent le même mot : vertige. Pour les vertiges au lever, le déclencheur, la durée et les signes associés orientent beaucoup mieux que cette seule étiquette.
Tous les « vertiges » ne viennent pas de l’oreille interne
Un patient peut dire qu’il a le vertige en se levant alors qu’il décrit en réalité une sensation de tête vide, une vision qui noircit, des palpitations ou un pré malaise. Ce profil oriente vers une cause hémodynamique ou autonome plutôt que vers un VPPB classique. Distinguer rotation, instabilité et présyncope est donc essentiel.
L’hypotension orthostatique
L’hypotension orthostatique correspond classiquement à une baisse durable de la pression artérielle systolique d’au moins 20 mmHg ou diastolique d’au moins 10 mmHg dans les trois minutes suivant le passage debout. Une prise de position publiée en 2024 rappelle qu’elle est fréquente, en particulier chez les personnes âgées et certaines populations neurologiques [1]. Médicaments, déshydratation, atteinte autonome et autres causes peuvent contribuer.
Et le POTS ?
Le syndrome de tachycardie orthostatique posturale, ou POTS, est une forme de dysautonomie où la fréquence cardiaque augmente de manière excessive en position debout sans hypotension orthostatique classique. Les symptômes peuvent inclure palpitations, fatigue, brouillard cognitif, malaise et intolérance à l’effort. Le diagnostic médical exige des critères précis et ne peut pas être posé uniquement parce que le pouls augmente après s’être levé.
Quel intérêt pour le physiothérapeute ?
Un test orthostatique simple ou un Schellong peut orienter, mais les résultats doivent être interprétés dans le contexte clinique. La physiothérapie peut contribuer au reconditionnement progressif et à l’éducation à l’effort lorsque le diagnostic est établi. Les revues de 2024 suggèrent que des programmes d’exercice individualisés peuvent améliorer certains paramètres et la qualité de vie dans le POTS, tout en soulignant que beaucoup de patients ne tolèrent pas les programmes trop rigides [2].
Pour l’hypotension orthostatique, les mesures non pharmacologiques sont importantes, mais la stratégie dépend des comorbidités et doit être coordonnée avec le médecin [3].
Quand un bilan vestibulaire reste utile
Une dysautonomie n’exclut pas une pathologie vestibulaire. Certains patients ont plusieurs causes de vertiges. Si les symptômes apparaissent aussi en position assise, avec mouvements de tête ou dans les environnements visuels, il faut élargir le bilan.
Repères cliniques pour comprendre le bilan
Repères utiles : mesurer pression artérielle et fréquence cardiaque après repos puis debout lorsque c’est approprié. Une chute d’au moins 20 mmHg systolique ou 10 mmHg diastolique dans les trois minutes correspond à l’hypotension orthostatique classique. Le POTS exige des critères différents et un diagnostic médical ; une simple tachycardie ponctuelle ne suffit pas.
Ce qui rend une mesure orthostatique interprétable
Une mesure isolée ne suffit pas toujours. Le médecin tient compte des symptômes, des médicaments, du repos préalable et de l’évolution du pouls et de la tension après le lever.
- Décrire le délai entre le passage debout et le malaise, puis ce qui le soulage.
- Signaler les palpitations, pertes de connaissance et changements récents de traitement.
- Prévoir une mesure encadrée si le risque de chute ou de syncope rend le test difficile.
Les apports en sel, l’hydratation ou la compression ne se recommandent pas de façon identique à tout le monde. La stratégie dépend notamment du contexte cardiovasculaire et des conseils médicaux.
Un bilan de physiothérapie à Bâle
À Bâle, le bilan de physiothérapie peut repérer une contribution orthostatique et orienter vers le médecin lorsque cela est nécessaire. Une fois le diagnostic établi, un reconditionnement adapté peut avoir sa place. Des épisodes de perte de connaissance ou de palpitations doivent être signalés dès la prise de rendez-vous.
Questions fréquentes
Pourquoi ma vision devient-elle noire quand je me lève ?
Une baisse transitoire de perfusion cérébrale peut provoquer vision grise ou noire et sensation de malaise. Cela mérite une évaluation orthostatique.
Le POTS est-il un vertige vestibulaire ?
Non. Il s’agit d’un trouble autonome. Le patient peut néanmoins employer le mot vertige pour décrire ses symptômes.
Le sport aide-t-il toujours ?
L’exercice peut être utile mais doit être individualisé. Certains patients nécessitent un départ très progressif, parfois en position semi allongée ou sur vélo.
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Sources scientifiques
[1] Vidal-Petiot E et al. Orthostatic hypotension: Review and expert position statement. Revue Neurologique, 2024 (publication en ligne en 2023). Lire la référence sur PubMed.
[2] The use and effectiveness of exercise for managing POTS in young adults: scoping review. 2024. Lire la référence sur PubMed.
[3] Kulkarni S et al. Treating Lows: Management of Orthostatic Hypotension. Journal of Cardiovascular Pharmacology, 2024. Lire la référence sur PubMed.
Ces informations expliquent les mécanismes possibles et les options de rééducation. Le diagnostic et le programme de soins dépendent du bilan individuel.


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