SCAT6 : à quoi sert réellement le test après une commotion ?

Physiothérapeute spécialisée à Bâle réalisant un bilan post-commotion avec le SCAT 6

Par Millie Brecheisen, physiothérapeute du sport à Bâle.

Le SCAT6 est probablement l’outil le plus connu dans l’évaluation d’une commotion liée au sport.

Mais il est parfois mal compris.

Un mauvais score n’est pas « la preuve » d’une commotion, et un bon score ne suffit pas non plus pour autoriser un retour au sport.

Le SCAT6 est un outil multimodal

Le Sport Concussion Assessment Tool 6 rassemble plusieurs dimensions :

  • symptômes ;
  • fonctions cognitives ;
  • orientation ;
  • mémoire ;
  • concentration ;
  • examen neurologique ;
  • équilibre ;
  • coordination ;
  • évaluation cervicale initiale.

Il permet donc de structurer l’évaluation au lieu de se baser uniquement sur la question « est-ce que tu as mal à la tête ? ».

Quand est-il le plus utile ?

La revue systématique ayant servi à développer le SCAT6 a montré que les versions précédentes du SCAT différenciaient le mieux les athlètes concussés des non-concussés pendant les 72 premières heures.

L’utilité discriminative diminue ensuite progressivement au cours de la première semaine.

Le SCAT6 est donc principalement conçu pour la phase aiguë.

Ce n’est pas un test de Return to Sport

C’est un point essentiel.

Au-delà de la phase aiguë, certaines composantes peuvent redevenir normales alors que l’athlète présente encore :

  • intolérance à l’effort ;
  • symptômes vestibulaires ;
  • problèmes oculomoteurs ;
  • cervicalgies ;
  • difficulté en environnement visuellement complexe.

Le consensus international d’Amsterdam recommande donc une évaluation multimodale et, lorsque les symptômes persistent, l’utilisation d’autres outils adaptés au tableau clinique.

Et le SCOAT6 ?

Le SCOAT6 est destiné davantage à l’évaluation clinique en consultation après la phase initiale.

Il approfondit notamment plusieurs domaines utiles à la prise en charge et peut être complété par des évaluations spécifiques.

Selon les symptômes, le bilan peut comprendre par exemple :

  • VOMS ;
  • équilibre ;
  • fonctions vestibulaires ;
  • colonne cervicale ;
  • tolérance à l’effort ;
  • évaluation orthostatique ;
  • évaluation oculomotrice.

Pourquoi un seul score ne suffit pas

La concussion est une blessure clinique complexe.

Deux patients ayant un score symptomatique identique peuvent présenter des limitations complètement différentes.

Le rôle du bilan est donc moins de produire un chiffre que de comprendre quels systèmes sont encore perturbés et ce qui provoque les symptômes.

Le SCAT6 est un excellent outil pour structurer la phase aiguë.

Ce n’est pas un feu vert ou rouge automatique pour la reprise.

À lire également : prise en charge des commotions ; bilan de physiothérapie après commotion.

Après une commotion, un bilan en consultation permet de relier les symptômes aux examens utiles et aux prochaines étapes. Prendre rendez-vous.

Questions fréquentes

Le SCAT6 permet-il de diagnostiquer une commotion à lui seul ?

Non. C’est un outil standardisé qui contribue à l’évaluation clinique. Le diagnostic repose sur l’ensemble du mécanisme, des symptômes et de l’examen.

Peut-on utiliser le SCAT6 plusieurs semaines après la commotion ?

Certaines composantes peuvent encore être utiles, mais son pouvoir discriminatif est principalement intéressant dans la phase aiguë. Pour des symptômes persistants, un bilan plus large est généralement nécessaire.

Un SCAT6 normal signifie-t-il que l’athlète peut reprendre le sport ?

Non. Le retour au sport doit aussi tenir compte de la tolérance à l’effort, des symptômes, des fonctions vestibulaires, cervicales, cognitives et des différentes étapes de reprise.

Sources

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