Commotion cérébrale : comment se déroule un bilan en physiothérapie ?

Physiothérapeute spécialisée à Bâle réalisant un test VOMS avec saccades horizontales chez une patiente

Après une commotion cérébrale, les symptômes ne se ressemblent pas toujours. Certaines personnes ont surtout mal à la tête. D’autres parlent de vertiges, d’une gêne à la lumière, de difficultés devant un écran ou d’une fatigue inhabituelle dès que l’effort augmente.

Le bilan ne consiste donc pas seulement à demander si vous avez encore mal. Il faut comprendre ce qui déclenche les symptômes, comment le corps réagit à l’effort et quel système semble encore limiter la récupération.

L’exemple ci dessous vient de ma pratique. Il est volontairement anonymisé. L’âge, le sexe, le sport et plusieurs détails ont été retirés. Ce qui compte ici, c’est la logique du bilan.

Qu’est ce qui déclenche les symptômes après la commotion ?

Au repos, les symptômes étaient relativement modérés. Dès que les sollicitations augmentaient, les choses changeaient. Lire, bouger la tête, faire un effort ou évoluer dans un environnement visuellement chargé pouvait faire remonter les symptômes.

C’est une information importante. Un mal de tête ne dit pas à lui seul pourquoi une personne n’arrive pas à reprendre une journée normale. Je cherche donc des situations concrètes. Combien de temps l’écran est il toléré ? Que se passe t il en marchant avec des mouvements de tête ? Les vertiges augmentent ils ? L’effort physique fait il revenir les symptômes rapidement ?

Regarder aussi les yeux et le système vestibulaire

Dans ce cas, le VOMS montrait quelques réactions légères. Ce test permet d’explorer plusieurs fonctions vestibulaires et oculomotrices. J’observe notamment comment sont tolérés les mouvements des yeux, la convergence et les mouvements de tête.

Deux éléments étaient particulièrement intéressants : la convergence et le VOR. Le VOR stabilise le regard pendant que la tête bouge. Lorsqu’il reste sensible après une commotion, les mouvements de tête peuvent provoquer des vertiges, des céphalées ou une impression d’image moins stable.

La convergence peut également jouer un rôle. La lecture, le smartphone ou le travail sur écran deviennent alors vite fatigants. Un test isolé ne suffit toutefois pas à expliquer toute la situation. Il donne une pièce du puzzle.

En savoir plus sur les vertiges et la rééducation vestibulaire à Bâle

L’équilibre et la nuque peuvent aussi compter

Après une commotion cérébrale, j’examine si nécessaire l’équilibre et la région cervicale. Après une chute ou un choc, des douleurs de nuque peuvent coexister avec la commotion.

C’est important car les céphalées, les vertiges et la sensation d’instabilité ne viennent pas toujours d’un seul système. Plusieurs éléments peuvent être présents en même temps. Dans ce cas, la rééducation doit aussi être multimodale.

Quelle est la tolérance réelle à l’effort ?

La capacité à faire un effort faisait également partie du bilan. Un test standardisé comme le Buffalo Concussion Treadmill Test peut aider à évaluer la réponse aux efforts progressifs.

L’objectif n’est pas d’aller chercher un effort maximal. La charge augmente progressivement et l’on observe la fréquence cardiaque, les symptômes et la façon dont la personne récupère. Cela permet ensuite de mieux doser le travail aérobie.

Les données récentes vont clairement dans ce sens. Une revue systématique avec méta analyse publiée en 2023 a inclus 46 études. Une activité légère précoce et un exercice aérobie prescrit étaient associés à une récupération plus rapide. Dans la méta analyse, la différence moyenne était d’environ 4,6 jours.

Pourquoi la rééducation n’est pas la même pour tout le monde

La physiothérapie après commotion peut prendre des formes très différentes. Chez une personne, le vertige domine. Chez une autre, ce sont surtout la nuque, l’intolérance à l’effort ou les symptômes visuels.

Selon le bilan, la rééducation peut combiner stabilité du regard, convergence, équilibre, travail cervical et exercice aérobie. La reprise du travail, de l’école ou du sport se construit ensuite progressivement.

Une méta analyse en réseau publiée en 2026 a rassemblé 20 essais randomisés et 1320 participants. Les approches multidisciplinaires obtenaient les meilleurs résultats. Les combinaisons entre rééducation vestibulaire et exercice aérobie sous le seuil des symptômes faisaient également partie des stratégies les plus efficaces.

Pour les troubles vestibulaires après traumatisme crânien léger, une méta analyse de 2024 retrouve aussi une amélioration du handicap lié aux vertiges avec la rééducation vestibulaire.

Quand peut on vraiment reprendre le sport ?

Ne plus avoir mal à la tête au repos est une bonne nouvelle. Ce n’est pas toujours suffisant.

Avant de reprendre un sport avec risque de chute, de contact ou avec une intensité élevée, il faut aussi vérifier la tolérance à l’effort, aux mouvements de tête et aux tâches spécifiques du sport. Le consensus international d’Amsterdam recommande une reprise progressive et rappelle que les symptômes, l’examen clinique et la réponse à l’effort doivent être considérés ensemble.

La question devient donc moins combien de jours se sont écoulés ? et davantage qu’est ce que le corps est à nouveau capable de faire sans faire revenir les symptômes de façon importante ?

Quand faut il consulter rapidement un médecin ?

Une commotion cérébrale doit être replacée dans un contexte médical. En cas de céphalée qui augmente fortement, vomissements répétés, crise convulsive, modification importante de la conscience, nouvelle faiblesse ou apparition d’un nouveau signe neurologique, une évaluation médicale rapide est nécessaire.

Commotion cérébrale et physiothérapie à Bâle

Dans mon cabinet à Bâle, le bilan après commotion peut inclure les fonctions vestibulaires, les mouvements des yeux, l’équilibre, la région cervicale et la tolérance à l’effort.

Le but n’est pas d’accumuler les tests. Il est de comprendre pourquoi le quotidien ou le sport ne fonctionnent pas encore normalement, puis de construire un plan concret.

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Questions fréquentes

Quand la physiothérapie est elle utile après une commotion ?

Elle peut être utile lorsque les symptômes persistent avec le mouvement, les écrans, les mouvements de tête, l’effort ou le sport. Le traitement dépend de ce qui ressort réellement du bilan.

Faut il rester complètement au repos ?

Après une courte période de repos relatif, une reprise progressive d’activités légères est aujourd’hui généralement recommandée. La charge doit rester contrôlée et adaptée à la réaction de la personne.

Combien de temps dure la récupération ?

La durée varie beaucoup. Certaines personnes récupèrent rapidement. D’autres ont besoin de davantage de temps, surtout lorsque plusieurs systèmes sont concernés ou que les symptômes persistent déjà depuis plusieurs semaines.

Références scientifiques

Li et al., 2026, méta analyse en réseau de 20 essais randomisés et 1320 participants

Leddy et al., 2023, revue systématique et méta analyse sur repos et exercice après commotion liée au sport

Aljabri et al., 2024, revue systématique et méta analyse sur la rééducation vestibulaire après traumatisme crânien léger

Patricios et al., 2023, consensus international d’Amsterdam

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