PPPD : comprendre les vertiges persistants et leur traitement

Physiothérapeute spécialisée à Bâle réalisant un test VOMS avec saccades horizontales chez une patiente

Par Millie Brecheisen, physiothérapeute à Bâle. Mise à jour : 1er octobre 2026.

« Je flotte toute la journée, surtout dans les magasins. Pourtant, mes examens sont normaux. » Cette description peut faire penser au PPPD. Les symptômes sont réels. Le diagnostic repose sur un tableau clinique précis, et comprendre les mécanismes possibles aide à choisir une prise en charge cohérente.

Le PPPD n’est pas « juste du stress »

Le PPPD, pour persistent postural perceptual dizziness, est un trouble vestibulaire fonctionnel chronique. Les personnes décrivent souvent un flottement, une sensation de bateau, une instabilité ou un vertige non rotatoire présent la plupart des jours depuis au moins trois mois. Les symptômes augmentent typiquement en position debout, pendant les mouvements et dans les environnements visuellement complexes. Les modèles récents parlent moins d’une lésion unique que d’une modification durable de la façon dont le cerveau pondère la vision, les informations vestibulaires, la proprioception et les prédictions liées au mouvement [1].

Il peut apparaître après une névrite vestibulaire, un VPPB, une migraine vestibulaire, une commotion ou une période de forte instabilité. Le facteur déclenchant peut être terminé alors que le système reste devenu excessivement vigilant au mouvement. Cela explique pourquoi une IRM ou des tests vestibulaires peuvent être normaux sans que les symptômes soient imaginaires.

Ce que les patients ressentent au quotidien

Le PPPD ne donne pas toujours une pièce qui tourne. Le vocabulaire est souvent différent : « je flotte », « le sol bouge », « je suis moins stable dans un magasin », « je dois me concentrer pour marcher », « les écrans me fatiguent ». Les supermarchés, les gares, les foules, les escalators, la conduite et le défilement sur téléphone sont des déclencheurs classiques.

La migraine vestibulaire peut coexister avec un PPPD. Les deux diagnostics se recouvrent parfois, mais ils ne sont pas synonymes. La migraine vestibulaire est plutôt épisodique, alors que le PPPD construit un fond chronique de gêne qui varie au cours de la journée [1].

Comment l’évaluer sérieusement

Le diagnostic est clinique et positif. Le bilan cherche les critères du PPPD, mais aussi un éventuel trouble associé qui modifierait le traitement. En physiothérapie vestibulaire, cela peut inclure l’équilibre, la marche avec mouvements de tête, la stabilité du regard, la tolérance visuelle, la mobilité cervicale et la réponse à l’effort. Un examen médical reste important si le diagnostic n’est pas établi ou si les symptômes sont atypiques.

Le point essentiel est d’éviter deux erreurs opposées : attribuer tous les symptômes à l’oreille interne, ou conclure que tout est psychologique parce que les examens structurels sont rassurants.

Quels traitements peuvent aider ?

La prise en charge est souvent multimodale. La rééducation vestibulaire vise une exposition progressive aux mouvements et situations réellement difficiles, sans rechercher une provocation maximale. Elle peut intégrer équilibre, mouvements de tête, marche, tâches visuelles et réintégration des activités quotidiennes. Les revues récentes retrouvent un bénéfice possible de la physiothérapie vestibulaire, mais avec des protocoles encore hétérogènes [2, 3].

Selon le profil, une thérapie cognitivo comportementale, une prise en charge de la migraine ou un traitement médicamenteux peuvent être discutés avec le médecin. L’objectif n’est pas de convaincre le patient d’ignorer ses symptômes. Il s’agit de reconstruire progressivement une perception du mouvement plus fiable et une participation normale à la vie quotidienne.

Le niveau de preuve doit être expliqué. La revue Cochrane de 2023 ne trouvait aucun essai randomisé contre placebo répondant à ses critères pour les ISRS ou IRSN dans le PPPD. Cela ne démontre pas leur inefficacité, mais souligne l’incertitude ; leur prescription et leur suivi relèvent du médecin [4].

Quand consulter rapidement

Une faiblesse d’un côté, un trouble brutal de la parole, une vision double nouvelle, une incapacité aiguë à marcher, une céphalée inhabituelle très intense ou un vertige aigu accompagné de signes neurologiques demandent une évaluation médicale urgente. Un PPPD est chronique et ne doit pas servir d’étiquette pour expliquer un nouveau tableau aigu.

Repères cliniques pour comprendre le bilan

Critères à garder en tête : symptômes présents la plupart des jours depuis au moins trois mois, majorés par la station debout, le mouvement actif ou passif et les environnements visuels complexes. Rechercher un événement déclencheur, puis vérifier qu’un autre diagnostic n’explique pas mieux l’ensemble. Au cabinet, le DHI, l’équilibre, la marche, la tolérance visuelle et le comportement d’évitement donnent des repères de suivi.

Comment construire une progression qui tient dans le quotidien ?

Un exemple de progression, à adapter au bilan : reprendre une courte sortie dans un environnement calme, puis introduire un lieu plus animé. Le but est d’augmenter la participation sans rendre chaque tentative épuisante.

  • Choisir une activité précise à récupérer : marcher dehors, faire une petite course ou utiliser un écran.
  • Noter ce qui déclenche les symptômes, mais aussi le temps nécessaire pour récupérer.
  • Faire évoluer une difficulté à la fois, puis vérifier le bénéfice dans la vie réelle.

Une mauvaise journée ne signifie pas forcément que le traitement échoue. Si la tendance reste bloquée, il faut revoir le dosage et les troubles associés plutôt que augmenter automatiquement les exercices.

Un bilan de physiothérapie à Bâle

À Bâle, le bilan peut aider à reconstruire une progression vers la marche, les magasins, les transports ou le travail. En cas de PPPD, la rééducation se coordonne avec le médecin et, selon les besoins, avec une prise en charge psychologique. Apportez les examens déjà réalisés et les situations qui limitent le plus votre quotidien.

Questions fréquentes

Le PPPD peut-il disparaître ?

Une amélioration importante est possible, mais le rythme varie. Une prise en charge progressive et cohérente est généralement plus utile que l’évitement permanent des mouvements.

Pourquoi les supermarchés aggravent ils les symptômes ?

Les scènes visuelles riches et mobiles demandent beaucoup d’intégration sensorielle. Dans le PPPD, la dépendance visuelle peut être augmentée.

La physiothérapie suffit elle toujours ?

Non. Certaines personnes ont besoin d’une prise en charge combinant rééducation vestibulaire, traitement de la migraine, approche psychologique ou suivi médical.

Articles complémentaires

Sources scientifiques

[1] Staab JP. Persistent Postural-Perceptual Dizziness: Review and Update on Key Mechanisms of the Most Common Functional Neuro-otologic Disorder. Neurol Clin. 2023. Lire la référence sur PubMed.

[2] Suica Z et al. Comparative effectiveness of non-pharmacological treatments in patients with persistent postural-perceptual dizziness: a systematic review and effect sizes analyses. Frontiers in Neurology, 2024. Lire la référence sur PubMed.

[3] Effect of vestibular rehabilitation therapy in patients with persistent postural perceptual dizziness: systematic review and meta-analysis. 2025. Lire la référence sur PubMed.

[4] Webster KE et al. Pharmacological interventions for persistent postural-perceptual dizziness (PPPD). Cochrane Database of Systematic Reviews, 2023. Lire la référence sur PubMed.

Ces informations expliquent les mécanismes possibles et les options de rééducation. Le diagnostic et le programme de soins dépendent du bilan individuel.

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