Quand un sportif n’a plus mal, peut-il reprendre son sport ?
Pas nécessairement.
La disparition de la douleur est une étape importante, mais elle ne garantit pas que la capacité physique nécessaire à l’entraînement ou à la compétition est revenue.
Il n’existe pas un test universel
Une revue systématique publiée en 2024 a analysé 114 études sur les tests de Return to Sport des membres inférieurs.
La majorité concernait le genou (surtout le LCA) et aucun protocole universellement validé n’a émergé. Les données sont encore particulièrement limitées pour la hanche et la cheville.
Le Return to Sport doit donc être évalué avec une batterie de critères adaptée à la blessure et au sport.
1. Force
Selon la pathologie, on peut mesurer notamment :
- quadriceps ;
- ischio-jambiers ;
- mollets ;
- hanche ;
- force maximale ;
- endurance ;
- vitesse de production de force.
Comparer les deux jambes est utile, mais la symétrie peut être trompeuse si le membre « sain » s’est lui aussi déconditionné.
2. Sauts
Single hop, triple hop, saut vertical, drop jump ou répétitions permettent d’explorer différentes qualités.
Mais un score symétrique ne raconte pas tout.
La stratégie de mouvement, l’absorption de charge, la hauteur, la puissance et la fatigue peuvent apporter des informations que la distance seule ne montre pas.
Les revues récentes montrent d’ailleurs que les hop tests utilisés isolément prédisent mal le risque individuel de nouvelle blessure.
3. Vitesse et changements de direction
Pour un sport de pivot, il faut progressivement tester :
- accélérations ;
- freinages ;
- changements de direction ;
- réaction à un stimulus ;
- mouvements spécifiques au sport.
4. Capacité sous fatigue
La compétition ne se déroule pas toujours avec un athlète frais.
Un mouvement parfaitement contrôlé en début de séance peut se dégrader après plusieurs répétitions ou à haute intensité.
Lorsque cela est pertinent, certains tests doivent donc aussi être réalisés dans un état proche de l’effort sportif.
5. Confiance et préparation psychologique
La peur de se blesser de nouveau peut modifier le comportement.
Des questionnaires validés existent pour certaines pathologies, mais une discussion simple avec l’athlète reste également essentielle.
Du test au retour réel au sport
Une décision de Return to Sport doit aussi tenir compte de facteurs qui ne sont pas mesurés dans la salle :
- type de sport ;
- poste ;
- niveau ;
- environnement ;
- calendrier ;
- charge d’entraînement prévue ;
- possibilité de reprendre progressivement.
Le consensus médical 2023 sur le retour au sport insiste sur cette approche multifactorielle et collaborative.
Le but n’est donc pas de « passer un test ».
Le but est d’obtenir suffisamment d’informations pour prendre une décision raisonnable sur le niveau de risque et organiser une reprise progressive.
À lire également : retour au sport après LCA ; physiothérapie du sport ; suivi de l’athlète.
Les tests de retour au sport peuvent être choisis en fonction de votre blessure et des exigences de votre discipline à Bâle. Prendre rendez-vous.
Questions fréquentes
Existe-t-il un test qui permet de savoir si je peux reprendre mon sport ?
Non. Aucun test unique ne permet de donner un feu vert universel. Il faut généralement combiner plusieurs mesures de force, fonction, sauts, mouvements sportifs et confiance.
Une symétrie de 90 % signifie-t-elle que je suis prêt ?
Pas nécessairement. Elle constitue un repère possible, mais elle ne renseigne pas suffisamment sur la force absolue, la qualité du mouvement, la fatigue ou les exigences spécifiques du sport.
Peut-on faire des tests de Return to Sport en étant encore légèrement douloureux ?
Cela dépend de la blessure et de l’objectif du test. Une douleur importante ou une réaction anormale à la charge peut invalider certains tests. La réponse doit être individualisée plutôt que basée sur une règle générale.


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