Après une commotion, le cou peut-il être « instable » ?

Physiothérapeute spécialisée à Bâle réalisant un test de rotation cervicale pour troubles vestibulaires

Par Millie Brecheisen, physiothérapeute du sport à Bâle.

Après un choc à la tête, il est logique de penser au cerveau.

Mais les mêmes forces peuvent également agir sur la colonne cervicale.

C’est pourquoi le cou doit faire partie du bilan après une commotion.

Il faut cependant être très prudent avec le terme « instabilité cervicale ».

Une douleur cervicale n’est pas une preuve d’instabilité

Cervicalgies, céphalées, raideur, sensation de tête lourde, vertiges ou troubles du contrôle cervical peuvent apparaître après une concussion.

Ces symptômes peuvent être liés à une atteinte cervicale sans qu’il existe une instabilité ligamentaire structurelle.

Une revue systématique a montré que les symptômes cervicogéniques sont fréquents après concussion et particulièrement présents chez les patients ayant une récupération prolongée.

Pourquoi les symptômes peuvent-ils ressembler à ceux de la concussion ?

La colonne cervicale fournit au cerveau des informations proprioceptives importantes.

Un dysfonctionnement cervical peut donc contribuer à :

  • céphalées ;
  • douleurs cervicales ;
  • sensation d’instabilité ;
  • difficulté avec certains mouvements de tête.

Le problème est que ces mêmes symptômes existent également dans les atteintes vestibulaires et dans la concussion elle-même.

La différenciation demande donc un examen clinique.

Une véritable instabilité structurelle est une autre question

Une lésion significative des structures ligamentaires de la charnière cranio-cervicale ou du rachis cervical est une situation médicale potentiellement sérieuse.

Elle ne peut pas être diagnostiquée simplement parce qu’un patient présente une sensation d’instabilité ou parce qu’un test manuel est douloureux.

L’identification des lésions instables du rachis cervical supérieur repose sur l’ensemble du mécanisme traumatique, de l’examen neurologique, des signes cliniques et lorsque nécessaire de l’imagerie et de l’évaluation médicale spécialisée. La littérature souligne d’ailleurs que les critères d’instabilité de la région cervicale supérieure restent complexes.

Quand faut-il arrêter l’évaluation de physiothérapie et demander un avis médical ?

Après un traumatisme, des éléments comme :

  • douleur cervicale sévère ou progressive ;
  • douleur médiane importante ;
  • déficit moteur ;
  • troubles sensitifs importants ou progressifs ;
  • signes neurologiques ;
  • traumatisme à haute énergie ;
  • suspicion de fracture ou de lésion ligamentaire significative

nécessitent une évaluation médicale adaptée.

La priorité est d’abord d’exclure une lésion structurelle sérieuse.

Et lorsque l’atteinte est fonctionnelle ?

Lorsque les lésions graves ont été exclues, le bilan cervical peut explorer :

  • mobilité ;
  • force ;
  • endurance ;
  • contrôle moteur ;
  • sens de repositionnement cervical ;
  • interaction entre mouvements du cou, regard et équilibre.

Le SCOAT6 intègre d’ailleurs l’examen cervical dans l’évaluation clinique post-commotion.

Lorsque cervicalgies, céphalées ou vertiges persistent, une rééducation cervico-vestibulaire individualisée peut être utile.

Le message important

Après une commotion, le cou mérite d’être examiné.

Mais « symptômes cervicaux » et « instabilité cervicale structurelle » sont deux choses différentes.

Mettre trop rapidement une étiquette d’instabilité peut inquiéter inutilement le patient et conduire à des traitements qui ne répondent pas au véritable problème.

À Bâle, mon bilan après commotion explore également les cervicales et les autres systèmes impliqués. Prendre rendez-vous.

Questions fréquentes

Une sensation de tête lourde signifie-t-elle que mes cervicales sont instables ?

Non. Ce symptôme peut apparaître avec différents troubles cervicaux sans qu’il existe une instabilité ligamentaire structurelle.

Peut-on tester une instabilité cervicale uniquement avec les mains ?

Un examen clinique peut identifier des éléments nécessitant une investigation supplémentaire, mais une suspicion de lésion structurelle sérieuse ne doit pas reposer sur un seul test manuel.

Peut-on traiter les cervicales après une commotion ?

Oui lorsque l’examen indique une contribution cervicale et que les lésions graves ont été exclues. La prise en charge peut travailler mobilité, force, endurance, contrôle sensorimoteur et interaction cervico-vestibulaire.

Sources

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