Par Millie Brecheisen, physiothérapeute à Bâle. Mise à jour : 1er octobre 2026.
La maladie de Ménière alterne souvent des périodes très différentes. Les crises, les fluctuations de l’audition et l’instabilité entre les épisodes ne se traitent pas de la même façon. La rééducation vestibulaire peut aider certaines conséquences fonctionnelles, à un moment choisi avec l’ORL.
Une maladie fluctuante de l’oreille interne
La maladie de Ménière associe typiquement des crises de vertige spontanées à des symptômes auditifs fluctuants tels que baisse d’audition, acouphènes ou sensation de pression dans l’oreille. Le diagnostic et le traitement de la maladie elle-même relèvent de l’ORL. La physiothérapie vestibulaire ne prétend pas stopper l’hydrops ni remplacer les traitements médicaux.
Pourquoi la rééducation n’est pas la même pendant une crise et entre les crises
Pendant une période très fluctuante, des exercices vestibulaires agressifs peuvent être mal tolérés parce que le signal périphérique change d’un jour à l’autre. En revanche, après des épisodes répétés, certains patients développent une hypofonction vestibulaire durable et une instabilité intercritique. C’est là que la rééducation devient plus pertinente.
Ce que dit la littérature récente
Une revue systématique et méta analyse de 2023 a trouvé une amélioration à court terme du handicap lié aux vertiges avec la rééducation vestibulaire, mais les études présentaient un risque de biais élevé, une forte hétérogénéité et aucun suivi à long terme [1]. Les recommandations françaises publiées en 2026, mises en ligne fin 2025, proposent la rééducation surtout en cas de déficit vestibulaire progressif non compensé ou après suppression vestibulaire médicale ou chirurgicale, avec un traitement individualisé [2].
Que peut travailler la physiothérapie ?
Lorsque le tableau est stable, le bilan peut identifier une instabilité, une altération de la stabilité du regard, une dépendance visuelle ou une difficulté de marche. Le programme peut alors inclure équilibre, mouvements de tête, stabilisation du regard et reprise des activités.
Un patient avec Ménière peut aussi développer un VPPB, une migraine vestibulaire ou une peur du mouvement. Tout symptôme persistant ne doit donc pas être attribué automatiquement à Ménière.
Quand recontacter l’ORL
Une modification de l’audition, une augmentation des crises, un nouveau symptôme neurologique ou un changement net du profil doivent conduire à une réévaluation médicale. L’objectif est une coordination entre traitement de la maladie et réadaptation fonctionnelle.
Repères cliniques pour comprendre le bilan
Repères utiles : crises spontanées associées à des symptômes auditifs fluctuants. Une baisse auditive, des acouphènes ou une plénitude auriculaire orientent vers l’ORL. En physiothérapie, documenter surtout l’instabilité intercritique, la fonction vestibulaire résiduelle et la stabilité du tableau avant d’augmenter la charge.
Choisir le moment avec l’ORL
La rééducation traite les conséquences d’un déficit devenu suffisamment stable. Elle ne constitue pas une réponse automatique à chaque nouvelle crise.
- Documenter les fluctuations des vertiges et de l’audition avec le suivi ORL.
- Identifier l’instabilité persistante et vérifier la présence d’un déficit vestibulaire non compensé.
- Choisir un programme supervisé, puis ajuster la charge si le tableau redevient fluctuant.
Les recommandations françaises récentes proposent d’attendre une période de stabilité de trois mois avant ce type de rééducation [2]. Ce repère concerne la planification thérapeutique ; une baisse brutale de l’audition demande un avis médical rapide.
Un bilan de physiothérapie à Bâle
À Bâle, la rééducation de l’instabilité liée à Ménière se coordonne avec l’ORL. Elle concerne surtout les déficits persistants dans une période suffisamment stable. Les comptes rendus auditifs, les tests vestibulaires et l’histoire des crises aident à décider du bon moment et du contenu du suivi.
Questions fréquentes
La physiothérapie peut-elle empêcher les crises de Ménière ?
Ce n’est pas son rôle principal. Elle vise surtout les déficits vestibulaires et l’instabilité persistante entre les crises.
Faut-il faire des exercices pendant une phase très instable ?
Le dosage doit être prudent et coordonné avec le suivi médical. Les recommandations récentes privilégient une période suffisamment stable pour une rééducation efficace.
Ménière et migraine vestibulaire peuvent-elles se ressembler ?
Oui, certains symptômes se chevauchent. Les symptômes auditifs, l’histoire des crises et le bilan médical aident au diagnostic différentiel.
Articles complémentaires
- Vertiges et rééducation vestibulaire à Bâle
- Migraine vestibulaire : des vertiges avec ou sans mal de tête
- Hypofonction vestibulaire unilatérale : symptômes et rééducation
- Vestibulopathie bilatérale : instabilité dans le noir et vision qui saute
Sources scientifiques
[1] The effect of vestibular rehabilitation in Meniere disease: systematic review and meta-analysis. 2023. Lire la référence sur PubMed.
[2] Dubernard X et al. Guidelines of the French Society of ENT (short version) on the role and modalities of vestibular rehabilitation in Menière’s disease. European Annals of Otorhinolaryngology, Head and Neck Diseases, 2026 (publication en ligne en 2025). Lire la référence sur PubMed.
Ces informations expliquent les mécanismes possibles et les options de rééducation. Le diagnostic et le programme de soins dépendent du bilan individuel.


Laisser un commentaire