Ordonnance de physiothérapie en Suisse : 9 séances, renouvellement et différence entre accident et maladie

Specialist physiotherapist in sports physio and rehabilitation guiding a patient in Basel

En Suisse, la physiothérapie peut être prise en charge par l’assurance-maladie obligatoire ou par l’assurance-accidents, selon la situation. Pour les patients, les termes maladie (Krankheit), accident (Unfall), ordonnance, série de neuf séances ou traitement de longue durée peuvent vite devenir confus.

Voici les règles essentielles à connaître avant de commencer une physiothérapie.

Une ordonnance de physiothérapie correspond généralement à 9 séances

Dans le cadre de l’assurance obligatoire des soins (LAMal), la physiothérapie est prise en charge lorsqu’elle est prescrite par un médecin et réalisée par un physiothérapeute admis à pratiquer à charge de l’assurance obligatoire.

Une ordonnance permet de réaliser au maximum 9 séances de physiothérapie. La première séance doit commencer dans les cinq semaines suivant la date de prescription.

Si le traitement doit se poursuivre après ces neuf séances, le médecin peut établir une nouvelle ordonnance.

Combien de fois peut-on renouveler une ordonnance ?

Pour un même traitement, l’assurance-maladie prend en charge jusqu’à quatre prescriptions de neuf séances, soit jusqu’à 36 séances, lorsque le traitement est médicalement indiqué.

Ces quatre prescriptions sont comptées par traitement et non par année civile. Un changement d’année ne remet donc pas automatiquement le compteur à zéro.

En pratique, la grande majorité des prises en charge de physiothérapie se termine bien avant 36 séances.

Que se passe-t-il après 36 séances ?

Lorsqu’une physiothérapie doit se poursuivre au-delà de 36 séances pour le même traitement, une simple cinquième ordonnance ne suffit plus dans le cadre de la LAMal.

Le médecin traitant doit transmettre un rapport au médecin-conseil de l’assurance. Ce rapport explique pourquoi la poursuite du traitement est médicalement nécessaire et propose une durée ou un nombre de séances supplémentaires.

On parle parfois, dans le langage courant, de Langzeitverordnung ou de traitement de physiothérapie de longue durée. Juridiquement, il s’agit surtout d’une demande de prise en charge prolongée évaluée par l’assureur sur la base du rapport médical.

Ce type de demande concerne surtout des situations particulières : maladies neurologiques, suites importantes d’une opération, pathologies chroniques complexes ou réadaptations longues.

Maladie ou accident : pourquoi cette distinction est-elle importante ?

En Suisse, la distinction entre Krankheit et Unfall détermine notamment quelle assurance prend en charge le traitement.

Une maladie correspond, au sens du droit des assurances sociales, à une atteinte à la santé qui n’est pas due à un accident et qui nécessite un examen ou un traitement médical, ou entraîne une incapacité de travail.

Un accident est défini légalement comme une atteinte dommageable, soudaine et involontaire, causée par un facteur extérieur extraordinaire et compromettant la santé.

Quelques exemples typiques d’accident

  • une chute à vélo avec blessure de l’épaule ;
  • un faux pas dans un escalier avec entorse de cheville ;
  • une collision pendant un sport ;
  • une chute au travail ;
  • un choc à la tête provoquant une commotion cérébrale.

Dans ces situations, il existe généralement un événement clairement identifiable, soudain et extérieur au corps.

Et quand ne s’agit-il pas d’un accident ?

Une douleur qui apparaît progressivement sans événement précis est généralement traitée comme une maladie.

Par exemple :

  • des douleurs lombaires qui augmentent depuis plusieurs semaines sans chute ni choc ;
  • une tendinopathie liée à une augmentation progressive de la charge d’entraînement ;
  • une arthrose symptomatique ;
  • des douleurs cervicales apparues progressivement au travail ;
  • une douleur de genou liée à une surcharge répétée sans événement aigu identifiable.

La frontière n’est toutefois pas toujours aussi simple. Certaines lésions corporelles sont spécifiquement prévues par la loi sur l’assurance-accidents, notamment certaines fractures, luxations, lésions du ménisque, muscles, tendons ou ligaments. Leur prise en charge doit être appréciée au cas par cas par l’assureur, notamment lorsqu’une usure ou une maladie préexistante peut jouer un rôle important.

Qui est couvert par l’assurance-accidents suisse ?

Une personne salariée en Suisse est obligatoirement assurée contre les accidents professionnels. Lorsqu’elle travaille au moins huit heures par semaine auprès du même employeur, elle est également assurée contre les accidents non professionnels, par exemple les accidents de sport, de vélo ou domestiques.

Si elle travaille moins de huit heures par semaine chez cet employeur, la couverture obligatoire ne s’étend pas de la même manière aux accidents non professionnels.

Quelle différence de coût pour le patient ?

Lorsqu’un accident est reconnu et pris en charge par l’assurance-accidents obligatoire selon la LAA, les frais de traitement nécessaires sont pris en charge sans franchise ni quote-part pour la personne assurée.

En cas de maladie prise en charge par la LAMal, la franchise annuelle et la quote-part de l’assurance-maladie s’appliquent selon la situation de l’assuré.

Physiothérapie après un accident

La physiothérapie après un accident est également réalisée sur prescription médicale. Depuis 2025, un formulaire uniforme est utilisé dans les domaines de l’assurance-accidents, de l’assurance militaire et de l’assurance-invalidité ; Physioswiss recommande également son utilisation dans le domaine LAMal.

Pour un traitement après accident, pensez à transmettre au cabinet :

  • l’ordonnance médicale ;
  • le nom de l’assurance-accidents ;
  • le numéro de sinistre ou numéro de cas lorsqu’il est déjà disponible ;
  • les éventuels rapports médicaux utiles à la rééducation.

Vous avez une ordonnance de physiothérapie ?

Vous pouvez consulter les services de physiothérapie proposés à Bâle ou prendre rendez-vous en ligne.

En cas de doute sur la facturation en accident ou en maladie, le cabinet peut vérifier avec vous quelles informations doivent figurer sur l’ordonnance et quels documents sont nécessaires. La décision finale concernant la prise en charge appartient toutefois toujours à l’assureur concerné.

Sources et bases légales

Informations générales, état 2026. Elles ne remplacent pas une décision individuelle de l’assureur ou un conseil juridique.

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