Vertiges résiduels après un VPPB : pourquoi et que faire ?

Physiothérapeute spécialisée à Bâle réalisant un test VOMS avec saccades horizontales chez une patiente

Le vertige bref qui surgissait en vous couchant ou en tournant la tête a cessé après une manœuvre de repositionnement. Pourtant, vous vous sentez encore « sur un bateau », moins sûr de vous en marchant ou fatigué par les mouvements. Cette situation est connue sous le nom de vertiges résiduels après VPPB (vertige positionnel paroxystique bénin). Elle mérite d’être examinée sans conclure trop vite que la manœuvre a échoué.

Le VPPB, parfois appelé Lagerungsschwindel en allemand, provoque habituellement des accès brefs et rotatoires dans certaines positions. Une sensation diffuse qui dure entre les accès ou après leur disparition ne raconte pas forcément la même histoire.

Une première question : le VPPB est-il vraiment terminé ?

Si un vertige bref revient quand vous vous couchez, regardez vers le haut ou tournez la tête d’un côté, il faut rechercher un VPPB persistant ou récidivant. Le canal atteint peut aussi avoir changé. Un examen positionnel adapté, avec observation des yeux, aide à le vérifier. Dans ce cas, une nouvelle manœuvre ciblée sur le canal identifié peut être indiquée.

À l’inverse, répéter des manœuvres au hasard lorsque les tests sont négatifs n’explique pas une instabilité continue. Les recommandations de l’American Academy of Otolaryngology demandent de réévaluer les symptômes persistants après traitement pour rechercher un VPPB non résolu, un autre trouble vestibulaire ou une autre cause.

Pourquoi peut-on rester étourdi après une manœuvre réussie ?

Le cerveau doit parfois se réadapter aux informations de l’oreille interne, de la vue et de la sensibilité des pieds et du cou. Une revue de 2024 décrit plusieurs pistes possibles : adaptation vestibulaire incomplète, équilibre déjà fragilisé, appréhension des mouvements ou trouble associé. Ces mécanismes ne sont pas identiques chez toutes les personnes.

Le contexte compte. Une migraine vestibulaire peut s’accompagner de sensibilité au mouvement et à la lumière. Si les étourdissements deviennent quasi quotidiens pendant au moins trois mois et sont accentués debout, en mouvement ou dans des environnements visuels chargés, on peut aussi envisager un vertige perceptif postural persistant (PPPD). Ce diagnostic demande un bilan, il ne se déduit pas du seul fait que le VPPB a précédé les symptômes. Une baisse de tension en se levant, un médicament ou un autre problème de santé peut également contribuer.

Un bilan utile avant de choisir le traitement

Le bilan précise la durée de chaque épisode, ses déclencheurs, la présence d’une vraie rotation, la marche, l’équilibre, les mouvements des yeux et la réaction aux changements de position. Il peut orienter vers des tests vestibulaires ou un avis médical. L’évaluation vestibulaire à Bâle permet de distinguer ce qui relève d’une récidive du VPPB de ce qui relève d’une récupération plus large.

Une apparition brutale avec faiblesse d’un membre, trouble de la parole, difficulté majeure à marcher ou vision double nouvelle impose une évaluation médicale urgente. Un trouble neurologique aigu ne doit pas être traité comme un simple vertige résiduel.

Quelles approches peuvent aider ?

  • VPPB encore présent : choisir la manœuvre selon les tests et le canal concerné.
  • Instabilité sans VPPB actif : exercer progressivement le regard, les mouvements de tête, l’équilibre et la marche, selon les symptômes.
  • Sensibilité au mouvement et aux lieux visuellement chargés : doser l’exposition et travailler les situations concrètes qui limitent le quotidien.
  • PPPD ou migraine vestibulaire suspectés : coordonner la rééducation avec un avis médical et, selon le cas, des approches psychologiques validées ou un traitement de la migraine.

Dans une petite étude clinique de 2025, une rééducation vestibulaire individualisée était associée à une amélioration des étourdissements et du contrôle postural chez des personnes souffrant de symptômes résiduels. Les exercices se choisissent selon le bilan ; les médicaments antivertigineux ou les compléments ne constituent pas une réponse automatique à toute gêne persistante.

Si vous avez encore peur de bouger après un VPPB, découvrez aussi la physiothérapie des vertiges à Bâle. Prendre rendez-vous.

Questions fréquentes

Est-il normal d’être encore étourdi après une manœuvre d’Epley ?

Cela arrive. Il faut toutefois vérifier si le VPPB a disparu et rechercher d’autres facteurs lorsque la gêne persiste, s’aggrave ou limite les activités.

Dois-je refaire la manœuvre d’Epley chaque jour ?

Pas systématiquement. Une nouvelle manœuvre dépend du résultat des tests positionnels et du canal touché. Pour une instabilité sans VPPB actif, un programme vestibulaire adapté peut être plus pertinent.

Quand faut-il envisager un PPPD ?

Lorsque des étourdissements sont présents la plupart des jours depuis au moins trois mois et sont majorés par la station debout, le mouvement ou les stimuli visuels. Un professionnel doit vérifier les critères et les diagnostics associés.

Sources

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